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Quand le grand départ approche...
La préparation

Cela va maintenant faire deux ans que nous avons choisi de faire ce voyage : une année pour y penser, se décider, et une autre pour le préparer.
Depuis la création du dossier, grâce auquel nous avons pu obtenir des bourses et des sponsors, jusqu'à l'achat du matériel, le projet a eu le temps d'évoluer.
Dans pas loin de deux mois nous serons enfin sur la (très longue) route, remontant le fil de la Soie jusqu'à sa source. Notre itinéraire, lui, reste le même pour le moment, mais il se peut que nous empruntions d'autres voies en cours de route.
Nous ne sommes pas à l'abri d'une frontière fermée en raison de troubles politiques ou autre (refus de visas), mais nous pouvons aussi changer de route simplement au gré de nos envies.
Le voyage offre des opportunités, le vélo nous rend libre d'en profiter... et après tout, il y a bien plusieurs routes de la soie !


Juin 2009
À la rencontre de Paule et Arthur

Ce week-end du 21 juin, à l'occasion de la fête du vélo nous sommes allés tous deux, accompagnés de Sarah (de la Compagnie des Escargots) à la rencontre de Paule et Arthur David. Les deux voyageurs, connus comme le loup blanc dans la région, ont parcourus cette mythique route pour leur première fois 30 ans avant nous. De leurs aventures ils ont publiés des récits aux éditions Artisans Voyageurs (leur maison d'édition). Cette rencontre magique autour du voyage, où conseils et bons plans furent échangés nous a graissée les chaînes et donnée des roues. Merci à Paule et Arthur pour leurs conseils, leur cocotte-minute -spéciale voyages- et leur générosité !

Ici, les photos de cette rencontre


Août 2009
Notre première interview

Nous avons répondu aux questions de la Géothèque de Nantes, la librairie spécialisée dans les cartes et guides de voyages à travers le monde.

Lire l'interview




Enfin sur la Route.

Septembre 2009
Le départ

Derniers préparatifs achevés, dernières révisions effectuées, nous nous apprêtons à partir. La famille et des amis nous ont rejoint à vélo pour nous accompagner sur nos premiers kilomètres, remplir nos gourdes de soutient et d'amour avant de nous dire au revoir pour longtemps. Derrière nous les encouragements, devant nous l'amoncèlement de l'inconnu, le début d'une aventure. Les derniers jours de préparation furent intenses, récupérer est facile le soir au bivouac, nous nous endormons sous nos premiers cieux de liberté.

Ici, les photos du grand départ


Septembre 2009
A la rencontre des voyageurs

Cela va maintenant faire 5 jours que nous roulons, pendant lesquels le beau temps nous a suivi. Nous profitons une dernière fois des paysages connus des bords de Loire avant d'arriver sur Tours, où nous sommes accueillis par Sandrine et Damien, deux voyageurs qui reviennent tout juste du Kirghizstan et du Tadjikistan... à vélo! Nous avons beaucoup échangé autour de ces régions que nous allons un jour peut-être traverser, nous avons aussi inévitablement parlé vélos, matos...sujet important pour nous.
Les deux tourangeaux ont également parcourus l'Amérique Latine à vélo quelques années avant. Leurs voyages les ont transformés à jamais.




Septembre 2009
La route vers Lyon

Après avoir traversé le parc de la Brenne et ses mille étangs, cadre magnifique où nous a accueilli Emilie, puis la Creuse, jolie pour ses paysages campagnards et vallonnés, nous voici partis pour le Puy de Dôme. Nous décidons au réveil, sous la tente secouée par la pluie battante de quitter coûte que coûte le camping dans lequel nous sommes afin de gagner en kilomètres aujourd'hui. Après avoir méthodiquement replié le bivouac trempé, nous voici en selles sur la route. Notre harnachement du jour, fait de casques, d'impers et de gilets jaunes (nous ressemblons à des Playmobils) nous permet de circuler en toute sécurité parmi les voitures. Dans une première côte, qui en fait est un col, les automobilistes amusés nous klaxonnent pour nous encourager, ce qui fait bondir Sarah. Nous leur répondons par nos klaxonnes-poires, peu impressionnants. Après avoir franchi une pancarte "route barrée" (en vélo tout est permis), nous voici seuls, sans voitures, au beau milieu d'une charmant vallée, ornée de forêts de conifères et de collines épargnées par la grisaille, plénitude absolue, tableau magnifique, nous ne regrettons pas un seul instant d'avoir quitté le camping malgré les intempéries.
Dans l'après midi nous atteignons St. Eloy les Mines, un premier village, Montaigut, indique la couleur : murs délabrés, gris, maisons condamnées, cheminées toussantes des mines... nous décidons de nous arrêter boire un café dans un bar où le patron lui-même est son meilleur client. Les journaux locaux nous informent que Johnny a attrapé la grippe A. Le soir, après l'ascension d'un col à 782m (notre plus haute ascension jusque là...), l'heure du bivouac approche, nous décidons avant cela de pousser nos compteurs jusqu'au 500ème kilomètre, c'est la journée des records ! C'est seulement après quelques campings tentophobes et une vaine tentative de démarchage de coin de pelouse que nous atterrissons, à Lalizolle chez une charmante petite dame qui nous offre tout d'abord un coin abrité de son jardin pour notre tente, l'eau chaude pour cuire notre dîner, le dessert, la tisane, une douche chaude, un lit... Demain ils annoncent des éclaircis.

Septembre 2009
La route vers Lyon (suite)

...Et le soleil est revenu !
Nous reprenons la route heureux de pouvoir sécher avec nos affaires. Les cols commencent à se faire nombreux et toujours plus hauts, dans une montée nous faisons la course avec un âne et un cheval.
Plus haut, à St. Nicolas des Biefs, une troupe de jeunes nous arrêtent en chemin et nous invitent à partager leur copieux déjeuner, dans une salle des fêtes où ils s'apprêtent à célébrer leurs trente ans. Nos ventres repus nous freinent dans la côte suivante, mais enfin vient la descente, quel soulagement... Allez ! Courage ! Une dernière montée avant de planter la tente.
Parfois nous campons sur des sites exceptionnels, comme cette colline surplombant toutes les autres et offrant un remarquable panorama, coucher de soleil oblige.
Les villages traversés commencent progressivement à s'habiller des couleurs du sud, les paysages eux adoptent le look "montagne", et semblent vouloir nous entraîner pour les alpes.
Lors de la traversée d'un patelin, Montagnis, un barman savoure une glace sous l'assommante chaleur de midi, cette vision de bien-être nous pousse à faire de même. L'homme curieux nous interroge sur notre parcours, lorsque nous lui expliquons celui-ci s'empresse de nous offrir le café. La conversation se prolonge au fil de l'après-midi, le temps semble s'être arrêté, nous sommes bien. Au moment de regagner les vélos l'homme remplie nos gourdes et nous glisse un billet de 20 euros qu'il appuie d'un "bon voyage", nous ne pouvons accepter, nous avons de l'argent, il ne veut rien entendre, aujourd'hui c'est lui le client.

Le soir approche toujours plus vite, les jours raccourcissent, nous nous empressons d'en finir avec un col avant la tombée de la nuit, mais une fois en haut nul part où cantonner, il faut continuer. Au loin un stade fera l'affaire, les terrains de foot, à défaut d'offrir une vue surprenante présentent un terrain idéal pour notre toit et leurs vestiaires nous ravitaillent en eau. Impatients nous nous installons dessus, sous un poteau qui se révélera plus tard être un fichu lampadaire, nuit au clair.
Un bruit de tables nous réveil, il est 6H00, nous sommes dimanche et au stade c'est brocante. Notre maison en ces lieux amuse et dérange quelques rustres bonhommes qui cherchent nos chaussures à l'extérieur pour nous faire une farce : pas de bol les gars, on les a gardé avec nous ! Inutile de traîner, nous ré-enfourchons nos guidons en quête de terres sereines pour le petit déj, fichus brocanteurs.
La journée s'annonce très pluvieuse, mais qu'importe, ce soir nous arrivons à Lyon et nous pourrons profiter d'un lit chaud et sec.


Ici, les photos de la route vers Lyon



Septembre 2009
De Lyon à Grenoble

En ce vendredi nous quittons Lyon, derrière nous nos chers lyonnais à qui nous venons de dire au-revoir, dans nos rétroviseurs la majestueuse basilique de Fourvière surplombant la ville du haut de sa colline. Lyon, ses hautes façades colorées, ses traboules, ses bouchons, son Guignol et ses soirées fromage-saucisson-vin rouge ! Maintenant nous voilà repartis sur de larges routes surpeuplées, dans un décor de décharges industrielles sous un ciel gris-plombant, on se croirait dans un road-movie en noir et blanc...

A l'approche de Grenoble les paysages redeviennent jolis, au passage un pizzaiolo nous offre son classique version king size, peu après un individu s'arrête en trombe sur le bas côté pour nous saluer : il s'appel Didier, il a la foi et parcours la route de St Jacques de Compostel avec sa femme et sa quatre-roues. Lorsque nous lui exposons notre itinéraire il nous traîte de fous et cours vers sa boîte à gants pour en sortir une carte vouée à nous bénir et nous protéger.
La route mènant à Grenoble est plate pour notre plus grand plaisir !


Septembre 2009
Montagne, snack-bars et Bonaparte

Départ de Grenoble par la Route Napoléon, magnifique route avec vue sur le massif des Ecrins et des kilomètres de dénivelés. Nous imaginons les troupes Napoléoniennes en nage tirant leurs canons sous le soleil, avaient-ils autant de snacks-bars pour se rafraichir a l'époque ? Ca y est, nous appercevons Gap du haut du col Bayard...


Octobre 2009
Au milieu des brebis

Des amis nous invitent a Rambaud, au dessus de Gap (elle est la directrice du Centre dInfo Jeunesse, lieu sympa avec acces internet gratuit...), le soir ils nous parlent d'un ami berger qui nous accueillera le lendemain dans sa caravane. 1000 kilomètres au compteur, nous suivons la vallée de l'Ubaye au frais des montagnes, ca grimpe dur jusqu'au col de Larche. Plus qu'une heure de grimpette et a nous l'Italie !


Octobre 2009
Bilan de la traversée de la France

1122 km au total
28 jours pour traverser le pays
8 jours non pédalés
0 crevaisons
altitude max : 1996m
vitesse moyenne : 13.5 km/h
2 jours de pluie seulement