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Octobre 2009 Au pays des gelatti
Frontière Franco-italienne, Col de Larche, un régiment de marmottes siffle la performance, près de l'ancien poste douanier déserté. Un dernier regard nostalgique avant de dévaler pendant des heures, ce qui nous a valu tant de sueur.
Aujourd'hui c'est jour de repos, nous arrivons a Cunéo, ville sans grand charme mis-a part son vieux quartier. Un bed & breakfast, près du pénitencier et meilleur marché fera l'affaire d'une nuitée. Dans la nuit notre réchaud fait hurler deux cabots, pagaille dans le quartier. Sinon quel régal la gelata stracciatela-chocolata !
Manque de temps, temps pluvieux, budget ricraque, il nous faut avancer. Nous optons pour la solution T (le train), c'est ca aussi le voyage, il faut découvrir les transports locaux. Petite tricherie sur 200 petits km. Ce soir nous regagnons la mer, prochain arrêt : Sestri Levante.
Toujours, toujours des casinos... Nous traversons les vestiges balnéaires des années 90, abandonnées en hors-saison. Près d'un super-marché, un petit vieux tient a nous faire part des bons plans : hors des villes, a l'écart des cotes, beaux paysages et authenticité.
Octobre 2009 La dolce vita
Maquis, bois sec, champs d'oliviers, villages couleur guimauve aux maisons enchevêtrées, façades lépreuses et peintures passées. Dans les ruelles, les anciens conversent, cordes et linge entre chaque fenêtres. Pendant ce temps les femmes font marcher le commerce : jambon de Parmes, fromage sec et vin de pays, il n'y a que ça a l'alimentari, ça et des spaghettis.
Cotes harassantes, chaleur éttouffante, des fontaines de sueur jaillissent derrière les vélos. Vues imprenables sur la Méditerranée, sous le soleil d'un deuxième été. Ce soir on fait une lessive.
Nous approchons de Pise, un septuagénaire nous invite dans son entreprise de marbre. Alberto nous offre un expresso dans la salle de pause, tapissée de femmes nues dans toutes les poses. L'homme désolé nous conduit au pré : une arrivée d'eau, herbe tondue, le luxe. Invasion de moustiques.
Octobre 2009 Sur les routes de Toscane
Quel bonheur de pouvoir errer a pied, sans les vélos, dans les rues de Pise. On savoure un cappuccino sous une arcade, a l'ombre de l'orage. Nous visitons les choses touristiques, sur leurs photos les touristes adoptent tous la même pose : celle de retenir la tour penchée.
Les routes empruntées nous conduisent a travers les coteaux, les cyprès et les champs d'oliviers revêtis des couleurs d'une fin d'été. Les collines reviennent aussi pour donner du volume au paysage ocre et doré, élevant les villages et quelques villas bien situées. Le midi nous cassons la croute sur des places des plus pittoresques dominant les vallées alentours, après des heures de contemplation nous oublierions presque de repartir.
Nous voici aux portes de la belle Florence, l'une des citées phares de la Renaissance italienne (rappelons-le) ou l'on peut admirer des oeuvres de Botticelli, Michel Ange et Leonard, tout ceci grace à leur plus grands fans : les Medicis, les mécènes les plus célèbres d'Italie. Mais la place forte toscanaise cache aussi bien d'autres trésors que des toiles de maitres, tels que son battistère, sa cathédrale et ses vieux quartiers. Au milieu du bazar urbain, notre première mission consiste à trouver un hotel. Une chambre se montre bon marché : aménagée dans les anciennes combles, au pied du centre historique - petit déj' inclue - et isolée (nous pouvons cuisiner au réchaud, laver notre linge et faire sécher notre tente sans être remarqués). Le soir nous observons le soleil se coucher sur la ville depuis la place Michel Angelo, réalité ou tableau ?
Après deux jours de visites et de marches effrénées, Florence garde encore bien des choses à montrer, nous ne pourrons pas tout voir. Une bonne partie des oeuvres (celles qui sont absentes des musées) sont conservées à l'institut de restauration El Opificio delle Pietre Dure (situé dans la forteresse de la ville, nous avons vu ça à la télé, là des sculptures s'y font refaire des brushings, les madonnes des liftings). La simple prononciation de ces mots magiques devant des vigiles suffit à nous faire rentrer par la porte VIP, celle interdite aux touristes. Quelques demandes de renseignements plus tard, nous parvenons a trouver l'endroit. A l'accueil, un clone de Woody Allen intercepte notre arrivée. L'homme fébrile et paniqué nous fait comprendre que le lieu est fermé au publique, avant de nous conduire vers la sortie (quels chef-d'oeuvres Woody avait-il à cacher ?). Ce n'est pas faute d'avoir essayé, nous avons pu apercevoir quelques hangars protégés dans lesquels des gens en tabliers rénovent d'anciens tableaux avec du matos sophistiqué. C'en est assez pour la partie artistique, des angelos et des icônes en tous genres. Dorénavant nous consacrerons notre temps aux cappuccinos et aux glaces, occupation fascinante !
Octobre 2009 Voir Rome et repartir
Rome la grande, ville fière et monumentale, arborant son passé colossal parmi l'enfer urbain. Sur-abondance de statues de barbus et de cavaleries gonflées à bloc à chaque coin de rue. Importante concentration de fontaines, d'obélisques, d'églises et de déesses aux seins nus en centre ville, sans parler des célébrités comme le Colisée, le Panthéon ou la Chapelle Sixtine... Nos regards -sans cesse- tournent, nos têtes aussi. Nous plongeons au milieu de cette foule touristique, croulant sous cette architecture massive.
Les veillées sont animées chez Marcello (notre hôte de séjour à Rome) : on y parle français, anglais et italien. On goûte aux liqueurs faites par sa mère, on écoute les histoires de Walia -une danoise d'origine zambienne à l'image de la modernité des capitales cosmopolites occidentales- a qui succèdera dans le salon Melody, une hôtesse de l'air Hong-Kongaise en week-end dans les parages. Demain nous essaierons de quitter Rome sans mourir, au milieu des turbulents scooters Vespa.
Il y a vraiment des coins bizarres, nous traversons une ville inhabitée, seuls quelques vigiles patrouillent dans leur jeep au milieu des apparts barricadés et volets clos. Chaque soir nous nous acharnons à trouver un emplacement "tranquille" pour la tente (problème récurant en Italie), mais pour l'heure nous ferons avec ce qu'on a de mieux : un grand champ plat, entre chiens et chasseurs, à la vue de tous. La nuit tombée le vent souffle, rejoint par de la grosse pluie écrasante. Une bourrasque arrache les sardines et nous-même de notre sommeil. Grâce aux démêlés de Sarah en prise avec la tempête nous ne nous envolerons pas cette fois, et tant mieux car dans quelques heures nous prenons la mer...!
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