
Novembre 2009 Passage de frontiere
De Ben Guarden a Ras' Ajdir nous traversons des rues surpeuplees d'hommes venus y faire du commerce ou du traffic d'essence, de cigarettes et de bijoux... et puis un no man's land de detritus a perte de vue. Les barrages policiers y sont frequents, on nous demande deja de presenter nos visas libyens, on nous questionne...
La frontiere : une vaste enceinte militaire betonnee, entouree de desert et de barbeles, et ponctuee de grandes arches et preaux en tole ondulee sous lesquels defilent quelques camions parfois trop charges. Tout le monde nous arrete, nos passeports passent de mains en mains, souvent pretexte a voir de pres nos velos. Ainsi nous traversons les nombreux controles jusqu'a la douane libyenne, qui epluche a son tour nos passeports, dubitative et surprise de ne pas y voir figurer une page consacree aux velos (tiens donc?). On nous parc ensuite dans un coin de preau en attendant le guide. Les douaniers s'amusent avec nos klaxons. Le chauffeur arrive.
Novembre 2009 Tripoli
La ville est a l'image d'un pays rendu nouveau riche par le petrole. De grands immeubles de beton partout, des hotels aux facades bouffees voir meme des buildings vitreux entourent deci dela quelques batiments militaires dont l'imposante caserne de Kadafi. Les (tres) nombreux pick-up Toyota deboulent sur le periph' au milieu des portraits du vieux dictateur. Dans les rues, telephones portables et klaxons resonnent parmi les boutiques de sonos et les neons. les jeunes libyens s'habillent de repliques clinquantes des grandes marques italiennes.
Nous decouvrons un souk deserte par les marchands, l'Aid el Kebir (fete du mouton) approchant. Nous retrouvons calme et douceur a travers ce dedale de halls ressemblant a de petits hangars, cernes de vertes portes en bois, et debouchant de part et d'autre sur d'etroites mais charmantes ruelles.
Visite du marche aux moutons. Les retardataires se precipitent sur les derniers moutons, qu'ils choisissent comme nous le sapin de Noel. Une fois la bete choisie, un gamin la balance dans une brouette qu'il porte a votre voiture. Certains clients, faute de place installent l'animal au siege passager avant. On entend beler dans tous les quartiers de la ville, ce soir ca va saigner.
Pause casse-croute, delicieux shawarmas.
Le lendemain du depart nous sommes invites le matin a celebrer l'Aid chez Adel et sa famille. Sarah observe la scene depuis l'etage avec les femmes tandis que les hommes et les enfants se rassemblent dans la cour interieure. On amene le mouton, les gaillards se ruent dessus et lui tailladent le cou au dessus d'une evacuation. Puis ils vident la bestiole, par terre, aux pieds de Nico, bleme... Imaginez une famille faire ca au sapin le soir de noel ! Une fois le mouton mort il faut le depecer. Les hommes lui rentrent un tuyau par la jambe puis on le gonfle, jusqu'a ce que l'animal ressemble a une grosse balle, et on bouche le trou. Comme si on craignait qu'il s'envole en petant comme ces ballons de baudruche qu'on lache. Pendant ce temps des gamins jouent avec un autre mouton, cloitre dans la salle de bain, son tour viendra.
Avant de repartir on nous sert les plus beaux morceaux cuits in situ, que nous avons peine a avaler mais que nous n'osons refuser, devant tant de generosite et de courtoisie, chochottes que nous sommes...
Novembre 2009 A travers les plateaux de la Jamahiriya
Installes comme on peut dans la voiture au milieu des bagages, nous entamons tous trois les grands axes infinissables entre mer et deserts libyens. Les velos, precairement atteles a l'arriere du vehicule, retiennent le chauffeur de depasser les 180 km/h. Mais ca ne nous empeche pas de flipper lors de chaque depassement. On serre les dents, les sieges, les... on serre tout en fait.
Petite etape obligee, apres nos premiers kilometres, pour visiter Leptis Magna, ruines d'une des plus belles villes de l'empire Romain. Nous deambulons seuls entre les colonnes, avec en fond (et pour seul bruit) la mer. Nous retrouverons cette etrange atmosphere sur le site de Cyrene.
Sur la route nous traversons de nombreux check-points policiers. Adel a prealablement prepare une liasse de laisser-passer, ce qui facilite les passages malgre le septicisme de certains officiers, a la vue des velos. Ici, les touristes ne circulent pas comme ils veulent en dehors des grandes villes. En cinq jours nous parcourons plus de 1500 km, avec quelques haltes dans des paysages grandioses.
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