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28 avril 2010 Achgabat
Le monde parait bien different de l'autre cote des lourdes grilles qui nous separent de l'Iran. Ici on donne dans l'extravagance militaire, un bal costume a la soviet touch. Et l'essemble, bien qu'etant singulier, est plutot marrant. Les montagnes, les gens et leurs visages changent etonnement.
Apres son acerbe briefing sur les restrictions photographiques, le general, abrupt personnage severe et gras, le kepi russe, un cigare en commissure et des pins plein la veste, nous accorde la voie. S'ensuit le long couloir vert de montagnes, ou seul regne le silence, un silence de mines et de mirradors. Un dernier enregistrement des papiers et nous entrons Ashgabat, la capitale du Turkmenistan. La ville, dont le nom signifie "ville de l'amour" est une veritable allegorie du culte de personnalite, avec ses absurdes et remarquables statues futuristes en or de l'ex "president" Niazov, et dont la plus grande, en forme de jouet, tourne avec le soleil. Edifices imposants, vastes avenues trop peu frequentees, avec pour decor des rangees d'hotels luxueux de marbre blanc et totalement vides, son couvre-feux de 23h et ses nombreuses milices qui jalonnent les rues et les parcs a toute heures de la journee. Ses businessmen et ses filles de joie. En fait beaucoup de choses sont absurdes et depassent l'entendement ici, comme un parc d'attraction qui a coute plus de 50 millions de dollars et ou plus de la moitie des attractions sont fermees, la plus grande fontaine du monde et son escalator (le seul de la ville), des operas et des theatres clinquants ou l'on ne peut pas y voir grand-chose du fait d'un decret presidentiel interdisant pieces et ballets. Bien que ce ne soit pas la ville de nos reves, c'est plutot drole et intrigant de se ballader au hazard des rues, et de recenser les curiosites monumentales, de voir ses femmes recouvertes de couleurs et de soie des pieds a la tete, ballayer les grandes arteres de la capitale... On a pas eu assez de trois jours pour en faire le tour...
02 mai 2010 Turkmenabat Express
Un visa de moins d'une semaine ne permet pas une exploration approfondie. Aussi visiter Achgabat n'a fait qu'ecourter davantage le peu de temps restant pour traverser tout le pays. La traversee s'est faite a bord d'un train, a douze personnes dans une cabine ne pouvant normalement n'en contenir que 4, tous entasses pendant 15 heures, a transpirer, a ronfler, sans preciser les odeurs de pieds... Lorsque nous ne regardions pas le desert depuis les etroites et troubles fenetres du wagon, nous meublions le temps a jouer aux echecs. Ce qui n'etait pas sans retenir l'attention de nos voisins, qui suivaient le jeu depuis leur perchoir, la tete penchee au dessus de nous, et dont les visages grimacaient a chacun de nos faux mouvements.
La sirene du train vient de retentir dans la gare de Turkmenbat, et deja on se precipite pour descendre les baggages. C'est un vrai soulagement que de respirer l'air frais du petit matin apres tout ce temps enfermes dans le train, comme si nous sortions d'une longue apnee. Des cernes sous les yeux, les cheveux poisseux et les ventres vides nous reprenons la route pour la frontiere sous un soleil deja bien chauffant. La campagne turkmene est assez jolie par ici, coloree d'ete et de coquelicots. Mais bien vite le desert reprend ses droits. Nous longeons ainsi un canal jusqu'a la frontiere, ou de fortes femmes nous interpellent afin de changer nos derniers manats.
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